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    L'écho familier

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    Delvin Sulfurie
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    L'écho familier

    Message par Delvin Sulfurie le Mar 27 Déc - 18:27




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    Ses lourdes chaînes claquaient le sol à travers la grande allée de pierre de la prison de Forgefer. Soutenu par deux de ses geôliers et un maître en arcanes, celui qui faisait autrefois trembler Powbury était maintenant à la portée de n'importe quelle racaille.

    Incarcéré dans les quartiers Foudrepiques, son arrivée fut pour le moins spectaculaire. D'abord timides, des voix firent écho jusqu'aux oreilles de Delvin : d'anciens partisans à la cause du Syndicat, sûrement était-il lui-même un vestige de cette époque maintenant balayée par le manque de moyens.

    Il resta silencieux jusqu'à ce qu'on le pousse dans sa cellule, petite et froide il pourrait la parcourir entièrement d'un simple pas. Les cellules voisines étaient vides, peut-être voulaient ils l'isoler de tout contact.

    Il s'assied et passa ses deux mains sur ses tempes, se murmurant quelques souvenirs pour se rappeler que ce n'était qu'un contretemps.

    L'espace d'un instant il se questionna sur sa propre nature, était-il seulement vivant après ce qu'il avait vécu ? Mais plus encore, est-ce que cela valait il la peine de survivre pour en arriver aux cellules de Forgefer alors que, quelques mois plus tôt, il tenait d'une main de fer une ville bien plus dangereuse que ces couloirs.

    L'image glaçante de l'ancien baron lui vînt à l'esprit, dénaturé par son état de non-mort. Lui qui avait été un grand chef n'était devenu qu'une pauvre loque sans âme. Était-il devenu ainsi ?

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    La caravane venait encore de tomber dans un creux de la route. Karl descendit du chariot en aboyant ses ordres auxquels personne ne pu rechigner, bien qu'au fond peu d'entre nous n'étaient en faveur.

    Je restais assied au fond, près de l'équipement. Peut-être m'avait-il oublié ? Mais c'est surtout à ce moment là que je l'ai remarqué. Cet homme, celui-ci que j'avais déjà cru voir à Forgefer. Nous étions suivis mais sa démarche me semblait presque familière, aussi avais-je décider de n'en parler à personne.

    Barn s'approcha de moi, tout en sueurs. « Putain manfred, tu pourrais nous aider ! » m'hurla t'il. Je le regarda quelques secondes, l'air pensif. En réalité c'était un vrai malaise et il s'écarta aussitôt, je dû donc descendre en vitesse de la caravane pour ne pas qu'on me prenne pour un demeuré.

    Mais je le sentais, derrière moi. Il nous regardait, cette sensation ne m'était pas étrangère et c'est bien ça que je redoutais.

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    « Foutus gueux, pas foutu de terminer une route de terre. » Me disais-je à voix basse en contemplant le chariot et les gars qui poussaient pour nous dégager de là. Je pris une grande inspiration de l'air froid d'Elwynn et, au détour d'un coup d'oeil dans les bois environnants, je sentis une sensation perturbante.

    La même sensation que j'éprouvais lorsque je prenais en embuscade les troupiers réprouvés sur mon domaine, mais ce qui m'inquiétait dans le cas présent c'est que cette fois c'était moi qui était sur la route.

    Je tira mon glaive de moitié en scrutant chaque détail frappant mais rien ne vînt à moi.

    « Sandro, poussez au lieu de relasser vos bottes putain ! » Hurla Etham, ce qui me permît par ailleurs de sortir de ma stupeur paranoïaque. Rengainant mon arme à son fourreau je jeta quand même un dernier coup d'oeil sur les sentiers inachevés, sans plus de réponses.

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    Sandro m'énervait au plus au point, toujours à esquiver les efforts en prétextant une crampe ou un caillou dans sa botte. Je plissa les yeux dans sa direction et me remît à pousser à l'unisson sur le chariot qui, par miracle, se dégagea enfin !

    Je repris alors mon souffle en me tenant sur mes deux cuisses, une grande flaque boueuse était devant moi. Soudainement elle parût aussi clair et saine que l'eau d'Alterac. J'y vis celui que j'avais juré solennellement de servir mais qui, en dépit des événements, avait sombré.

    J'approcha ma main de la flaque, comme s'il me fixait hardiment. Mon souffle devînt court et des murmures vînt à mes lèvres tout naturellement « Seign-... »

    Grégor me flanqua une grande tape dans le dos en braillant. « Et on est repartis ! » En un battement de paupière la vision était revenue à la normale, il n'y avait plus qu'une eau boueuse auquelle mon gant baignait.

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    Une voix vînt à moi, un murmure tout au plus. Elle venait de la petite aération qui reliait les cellules entre elles. Cette voix ne m'était pas familière mais on ne peut pas se permettre le dénis en prison alors je répondis prestement, un dialogue s'engagea avec le mystérieux inconnu.

    Mon visage morne s'illumina un court instant et je conclus à voix basse. «C'est entendu compagnon, nous sortirons de ce trou.»


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    "L'amour est une faiblesse." - Devise Sulfurie

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