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    L'acte ultime

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    Delvin Sulfurie
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    L'acte ultime

    Message par Delvin Sulfurie le Lun 30 Nov - 20:44


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    L'attente se faisait de plus en plus longue dans les cachots. François ne répondait plus et son cœur battait au même rythme que le tapement de pied d'Altim.
    Nulle lumière n'éclairait ces lieux et la notion de temps s'effaçait progressivement dans la tête des occupants Sulfurie.

    Andred ne manquait pas de rappeler à ses hommes à quel point il se vengerait de cet acte méprisable. Mais au fond, tout le monde eu une imagination débordante quant à leur mise à mort ou leur rançonnage qui tournerait obligatoirement mal.

    Cela faisait déjà trois jours qu'ils n'avaient mangés un repas consistant et que de l'eau croupie leur était servie grâce à l'humidité des pierres crasseuses de leurs cellules.

    A tour de rôle, ils tentèrent une évasion futile qui se soldait toujours par un échec cuisant.

    C'est à la veille du quatrième jour que François reprit conscience et constata l'état des choses. "Ils nous affament pour que notre jugement soit altéré. Ils ne nous rançonneront pas, ils vont préférer nous garder captifs mieux gagner la guerre qu'ils préparent."

    Personne ne répondît mais le silence était à lui seul une réponse plus que convaincante du groupe.

    "La fin des Sulfurie." Fit Andred, pour la première fois désespéré.




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    Rose sortait tout juste du palais de l'éternel, sur la rive sud d'Ascal. Fraichement équipée d'une armure digne d'un roi alteran. Elle marchait à toute hâte avec son escorte de fidèles guerriers.

    Sa démarche pressée rappelait celle d'une enfant qui venait de faire une bêtise et qui ne voulait pas que son père lui tape sur le nez. Mais dans ce cas précis, l'enfant était armée et quittait la ville.

    Ce qu'elle venait de faire était impensable, inimaginable mais aussi terriblement ingénieux. Nul doute que désormais la gentillée locale craindrait les épines de Rose Sigdale.

    Le vent changea de direction au moment où la femme chevaucha son destrier déjà scellé. Des coups de feu furent associés au brouhaha d'une ville qui était prise d'assaut.

    Des cors résonnèrent alors, ceux des réprouvés. Les soldats des Sigdale et des Valdery affluèrent dans tous les sens en ne sachant que faire : fuir ou défendre ceux qu'ils persécutaient?

    La population prisonnière se joigna au combat qui éclatait tout juste, les hommes cachaient leurs femmes pour empoigner faux et haches. Ascal était prise entre plusieurs feux et en plein cœur de celle-ci résidait un rassemblement des chefs du Syndicat.




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    Un cri de guerre au milieu des ruelles, c'était sans nul doute celui d'un orc. Du moins c'est ce qui s'en laissait croire, en réalité il s'agissait de Karl Valdery.

    L'homme n'était vêtu que d'habits d'apparat mais déjà portait-il le coup à ses ennemis invisibles, l'épée à la main et la voix portante vers ses soldats en fuite.

    Lui comme les autres, personne ne savait qui attaquait Ascal et où ils se trouvaient. Un incendie se propageait dans la ville et c'est là que le jeune héritier comprit qu'il perdait le contrôle de la situation.

    Il courra tant que son souffle lui permit, ne regardant pas même une seconde derrière lui, embrochant sans vergogne les malheureux qui se dressaient sur son chemin de l'épée d'un de ses hommes.

    Il s'arrêta au détour de plusieurs ruelles et croisa un guerrier dont l'unique œil révélait bien plus d'un message pour Karl. Il le tira en arrière, le sauvant de la faucille d'un civil en colère qui aurait sans nul doute percutée sa tempe une seconde plus tard.

    "Tu tombes bien, le traître, tu vas me suivre !" Reprit Karl une fois Raiven hors d'atteinte des rebelles. Ce dernier n'eut le temps de répondre, le Valdery le forçant à suivre sa marche effrénée dans les rues d'Ascal.

    Puis ils s'arrêtèrent face à une grande forme, ses deux épées dans les mains et le regard aussi froid que la mort, dirigé au plus profond de leurs âmes. Il se tenait devant eux, c'était Lui.




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    Il l'avait senti. Les premiers coups de feu s'étaient transformés en explosions et l'odeur cadavérique de l'air était maintenant aspirée par les nuages de fumées noires des bâtisses en proie aux flammes.

    Il fit rassembler ses hommes au devant de l'auberge qu'ils occupaient, peu d'entre eux purent répondre à l'appel.

    Edwin n'était presque pas habillé, l'attaque avait eu lieu en pleine nuit et c'était à la tombée de la nuit qu'il avait décidé de se baigner avec sa courtisane. Celle-là même qui gisait maintenant au sol, piétinée par les paysans en colère.

    Le Dément chercha d'abord une sortie pour fuir la ville mais il ne trouva que des barricades enflammées et des troupes d'hommes bien trop nombreuses. Un dernier espoir semblait voir le jour dans son esprit : combattre.

    Edwin envoya la totalité de ses hommes pour couvrir ses arrières avec Othmar. Ils empruntèrent le chemin des égouts et rampèrent dans ces galeries sales pendant une longue heure, persécuté par les cris des civils calcinés et des soldats tués.

    Mais ce fut le cri d'une autre créature qui les firent s'arrêter. Les yeux violacés d'Edwin se figèrent vers le plafond des souterrains et c'est là qu'ils prirent conscience de ce qu'il se produisait là-haut.

    Ce cri était perçant, il semblait soufflé d'un autre temps et impossible à égaler. Puis une goutte glissa d'entre les pavés des rues d'Ascal. Ce n'était pas du sang, c'était un liquide opaque graisseux verdâtre et d'une odeur aussi forte qu'Othmar vacilla.




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    La bataille faisait maintenant rage, toute la ville était alertée et Alwin comptait parmi les derniers. Ses hommes avaient déjà fuis et il ne restait que sa femme et son fils aîné.

    Tous trois coururent dans les rues, Alwin armé de sa longue épée. La désolation avait déjà rudement frappée plusieurs secteurs et la famille pris la décision de se réfugier dans une maison patricienne qui avait été épargnée des flammes.

    Ils n'y trouvèrent aucun occupant, même les meubles semblaient ignorer le vacarme qui se dégageait de l'extérieur.

    Puis un son, un instant de plus et le toit s'écroula. Ils se retournèrent pour fuir la battisse dont les étages menaçaient de s'écrouler sur eux mais cette fois c'était un cadavre qui barrait la porte de sa présence.

    Alwin força de toutes ses forces sur la porte mais en vain, autre chose bloquait le chemin. Un cri le força à se tourner vers son fils et sa femme.

    Ils n'étaient plus là, ils gisaient au sol recroquevillés avec une épaisse couche de ce liquide verdâtre sur tout le corps. Une fumée rappelant les rîtes funéraires orc s'échappait des deux corps inanimés.

    Le dernier Korbak maudit tous les criminels qu'il avait en mémoire, larmoyant à chaude larme tandis que tout ce dont il avait œuvré s'écroulait devant lui. Et ce fut là, à cet instant précis qu'un passage dans la maison s'ouvrit : un mur venait de céder, tout comme l'étage du dessus.

    Alwin saisit sa chance et couru vers la lumière du jour et la fumée omniprésente. Cette fois il n'y avait plus de cris, ou alors il étaient trop éloignés. Il vit un groupe d'hommes lui passer devant et son souffle fut brusque.

    Un poignard était planté dans son abdomen. Il resta regarder sa blessure une longue minute, réalisant que la blessure lui serait peut-être fatale dans un tel champ de bataille. Sans ressource, il décida néanmoins de marcher à tâtons pour se réfugier sous la moindre couverture...

    ...Mais il fut promptement stoppé. Une violente douleur se planta dans sa colonne vertébrale. Puis une autre, et encore une...Alwin s'écrasa au sol, le dos déchiré de cinq impacts de plombs.

    François, dit le Maudit, se rapprocha du cadavre encore chaud et y déposa sa main gantée sur son épaule en retournant le cadavre d'un geste désinvolte. Il exprima une certaine satisfaction dans son regard pourtant inexpressif.




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    "C'est le moment." Voilà ce que venait de dire à voix basse Delvin quand une troupe réprouvée passa devant leur cachette.

    La petite bande était composée de six hommes. Les frères Finge, Alric, Mélion, John et le Pourfendeur de réprouvés : Delvin Sulfurie. Le groupe s'était réfugié dans une petite cabane à bois et d'après le Sulfurie il était plus raisonnable d'attendre que le combat se délocalise pour fuir la ville et sauver leur vie.

    La décision fut unanime et quand ils sortirent de leur cachette, près d'une heure après, ils ne vinrent qu'un homme désespéré au milieu de la rue. Delvin ne perdit pas un instant, à moitié accroupi, il planta son poignard dans le poitrail de l'individu qu'il reconnu au dernier moment.

    Delvin venait de blesser Alwin Korbak mais déjà celui-ci était fébrile sur ses deux jambes, alors le Pourfendeur ne prit pas la peine d'asséner le coup fatal à son ennemi et préféra sauter sur les remparts d'Ascal, jonchés des cadavres de ses défenseurs.

    "La liberté est à nous, mes guerriers." Fit Delvin, essoufflé de la longue course qu'il venait de faire dans les marches glissantes de sang.

    Tour à tour, ils sautèrent sur une machine réprouvée et rejoignirent la terre ferme. Delvin fermait la marche, hésitant à grimper sur la machinerie rutilante puis une voix dans son dos lui fit pousser des ailes.

    Le canon de François était déjà dirigé vers Delvin, la balle partait moins d'une seconde après le départ précipité du Sulfurie.
    L'autoproclamé élu de la Flamme était déjà au sol, courant vers la forêt qui avait sûrement dissimulée les réprouvés avant l'assaut.

    La voix du Maudit paru surplomber les cris d'horreur d'Ascal. "Je saurais toujours où tu es, Delvin Sulfurie ! Je vais prendre ce qui me revient au nom de la Dame Noire !"

    Le Sulfurie se retourna, son épée enflammée se balançant à sa droite. Leurs regards se croisa l'espace d'un instant mais lequel des deux allait avoir raison de l'autre?




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    L'heure était réglée au rythme de la mort, mais pas de la leur. Du moins c'est ce qu'ils se persuadèrent pour rester dans le douce effluve de la vie.

    La porte du geôlier avait été enfoncée par les paysans, si bien que la lumière revint dans les cachots d'Andred et sa bande. Aveuglante et apaisante, elle offra un moment de joie aux prisonniers qui se transforma rapidement en une inquiétante interrogation en entendant les hurlements des hommes situés juste un niveau au-dessus.

    Andred, Altim, Roland et François se jetèrent au sol et imitèrent la mort du fond de leur cellule. Mais ce dont ils ne s'attendaient pas, c'était justement de la voir devant eux.

    Deux réprouvés dont les ornements macabres gisaient encore sous leurs bottes et sur leurs lames se dressaient devant leurs cellules. Ils ouvrirent d'abord celle d'Altim, Roland et de François. Ceux-ci opposèrent une franche rivalité aux deux maccabés si bien que l'un des deux eu le crâne fracassé sur les barreaux de la cellule et l'autre le cou évincé de son crâne par l'ancienne lame de son confrère.

    Les quatre dévalèrent les escaliers et constatèrent l'ancienne prison dans un effroyable désordre. Cadavres et mobiliers étaient empilés, sûrement pour retenir l'avancée réprouvée qui avait finalement eu raison des factionnaires postés ici.

    Ils récupérèrent leurs effets pour ensuite se hâter de prendre le chemin de la sortie, ne croisant pas âme qui vive mais seulement la désolation à chaque coin de rue.

    Une des portes d'Ascal était ouverte. Forcée plutôt. Derrière elle, un pont-levis qui reliait l'extérieur. Le groupe s'y précipita et se stoppa face à un homme ensanglanté seulement muni d'une épée rouge de sang.

    Les larmes coulaient le long de ses yeux tandis qu'il marchait sur les cadavres d'autres hommes tombés au combat.

    C'est alors qu'Andred pris conscience de la brutalité de cet affrontement. Ascal avait été prise d'assaut, il y avait tellement de cadavres que les douves en étaient remplies.

    Paysans, nobles, renégats et réprouvés se massaient, découpés, jusqu'à créer un deuxième pont de chair.

    Le Sulfurie fit quelques pas vers l'homme qui l'ignora, continuant de larmoyer. Andred n'insista pas et, lui et son groupe, continuèrent leur chemin pour fuir la ville.

    Une fois la forêt rejointe, il se retourna vers la ville et ses épaisses fumées et vit deux grandes ailes blanches balayer la fumée noirâtre. Comme une illusion, il n'en crut pas ses yeux...Et l'instant d'après, ces ailes avaient disparues.




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    Il était devant eux. Grand mais pourtant courbé, son teint pâle luisait à travers les flammes du bâtiment d'à côté. Il ne faisait nul doute sur l'identité de ce réprouvé.

    Sa longue tignasse noire avait virée à un blanc crémeux et son armure sybillinne par les couleurs de la Dame Noire. Ses deux longues lames étaient maintenant aussi rouges qu'un levé de soleil d'été et son regard accusateur restait inchangé.

    Karl hésita quelques instants et attrapa une hache de bûcheron en lançant son épée à Raiven. Il le chargea avec toute la violence qu'un homme pourrait y mettre.

    Mais le réprouvé l'esquiva et trancha la chair de Karl d'un simple coup d'épée, dans le dos. C'était une première, Karl ne se sentait plus sûr de sa victoire. La frénésie du combat le forçant à recommencer, mais la rapidité de son adversaire le contraint à subir une deuxième blessure à l'épaule droite.

    Les coups étaient si vifs et si violents que Karl hésita à contre-attaquer le réprouvé. Il portait maintenant la hache de sa seule main gauche, cherchant cette fois une issue à ce combat qui pouvait lui être mortel.

    Raiven était près de lui, l'épée à la main. Tous trois formèrent un cercle, les deux vivants interprétant le moindre geste du non-mort. Puis la mort se manifesta, elle venait des cieux.

    C'était le cri aspiré d'une femme qui ne laissait qu'une crainte supplémentaire dans le cœur déjà lourd de Karl et Raiven.

    Le réprouvé fit quelques pas tandis que dans une rue voisine la fumée semblait être balayée par d'immenses ailes.

    Karl et Raiven ne se firent pas attendre et galopèrent aussi vite que leurs jambes leurs permettaient. Le réprouvé ne les suivaient pas mais pourtant ils redoutaient quand même sa présence dans la même ville qu'eux.

    Tous deux rejoignirent les égouts pour fuir la ville, étonnamment les grilles de fer étaient déjà ouvertes et c'est là que Karl prit enfin la parole après dix minutes de course effrénée. "C'était bien lui?"

    "C'est ce que je me demandais, et ce que je crains..." Fit Raiven, reprenant à peine son souffle.

    "C'était Sulfure."Cracha Karl, se tenant la poitrine pour mieux respirer. Chutant au sol à cause de ses blessures.


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    "L'amour est une faiblesse." - Devise Sulfurie

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