Forum officiel de la guilde roleplay Héritage de Perenolde - Kirin Tor EU


    L'héritage de toute une lignée (Dernière partie.)

    Partagez
    avatar
    Delvin Sulfurie
    Admin

    Messages : 570
    Date d'inscription : 18/06/2014
    Age : 21
    Localisation : Nouvelle-Powbury

    L'héritage de toute une lignée (Dernière partie.)

    Message par Delvin Sulfurie le Mer 17 Juin - 21:55

    [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

    Thème musicale:

    De sang et de crasse, voilà de quoi était fait les longs tunnels des voies secrètes de Guet-Argent. Bas, étroits, vicieux, ces galeries avaient étés creusées par les mineurs Foudrepiques du temps où ils étaient les protecteurs de Powbury.

    Peu d'hommes connaissaient ces passages et presque personne ne voulait les utiliser de crainte d'y rester enfermé.

    Pourtant, dans l'obscurité et la peur, quatre hommes y rampent. Telles des vipères qui se faufilent dans les coins charnus pour surgir là où on ne les attend pas. Leizen, Auguste, Delvin et Svend.

    Nulle voix, même la plus basse, ne saurait briser le serment de silence qui lie les quatre prisonniers car tandis qu'ils parcourent les sinueux passages, les voix d'hommes et de femmes au service de Scarlets se font entendrent à travers les murs, comme s'ils n'étaient qu'à quelques centimètres.

    L'effroi les subjuguent tous, Delvin le montre tout particulièrement dans sa démarche et son regard fuyant mais ce n'est pas le cas de Leizen qui s'attribue un masque inexpressif qui camoufle un stress envahissant qui se remarque parfois.

    "Les murs s'élargissent par ici." Murmura Svend qui se situait juste derrière Leizen qui lui-même était en tête de la file.

    En effet, les murs qu'ils touchaient n'avaient pas étés façonnés par les mains naines. Ici, le travail était plus grossier mais bien plus adapté à la taille d'un humain de corpulence moyenne. Il n'y avait qu'Auguste à qui on laissa quelques secondes supplémentaires pour franchir le corridor, son obésité l'y contraignant.

    "C'est humain...Mais c'est vieux..." Chuchota le saigneur, toujours dans la pénombre la plus totale.

    Alors que chacun essayait de trouver ses repères, une voix qui glaça net le sang de chacun s'imposa à travers les murs. Cette voix était toute proche, à quelques mètres au pire des cas.

    "Demain il faudra faire sectionner les bras du bâtard. C'est de sa faute si j'ai perdu deux de mes francs-tireurs dans la tour de Svend. Et puis Darian n'a clairement pas l'étoffe de son père, il n'a hérité que de la mauvaise moitié."

    Même à travers l'obscurité, chacun des quatre hommes savaient que les trois autres s'interrogeaient du regard. Leurs coeurs se serraient d'effroi, de la peur d'être entendu ou de demeurer ici à jamais. Mais les craintes ne purent rester sans prolongement bien longtemps car la voix de Scarlets se fit à nouveau entendre.

    "Tu enverras un coursier à Powbury. L'Affliction Pourpre sera réquisitionnée avec la Nocturne pour la protection des Terres Mornes. Vlad commence à prendre la forme de son père adoptif, ce n'est pas une bonne chose. Je préfère l'affaiblir et prendre lentement la main sur Powbury, et a à terme l'affecter ailleurs. Loin de moi."

    La tension monta à un degré de plus, le doux bruit d'une lame qui sort de son fourreau chanta aux oreilles des quatre fugitifs. Le souci étant que ce bruit venait de la pièce où ils se trouvaient. Alors, chacun se réfugia dans son coin en essayant de saisir le moindre déchet pour palier à une attaque.

    Mais au lieu de voir un retournement de situation brutal, une petite lumière fut. Presque plus inquiétante encore que le bruit de l'acier froid. La face blanche d'un masque à bec se profila dans la petite lueur que créait la bougie tenue par un des quatre hommes.

    Pas un n'osa prononcer le moindre mot, tous étaient tétanisés. Tous sauf un. A l'évidence, il ne s'agissait pas de Delvin ni d'Auguste, trop imprévisibles pour prévoir une once de plan fournit. Mais on ne pouvait pas non plus soupçonner Svend, lui qui n'avait jusqu'alors jamais posé le pied dans ces galeries. Il ne restait qu'un homme et la lueur confirma les soupçons émis quand sa chevelure brune fut illuminée.

    A l'instant où le bruit de porte se fit entendre dans l'autre pièce, un énorme torrent lumineux emporta les quatre hommes. Un véritable passage secret était dissimulé derrière le grand miroir qui surplombait la table de commandement. Seuls deux hommes osèrent s'aventurer dans l'inconnu. Leizen, sous une armoire bleutée et dissimulé sous un masque qui perturbrait même les nuits d'un ogre, ainsi que Svend. Ce dernier, plus chétif mais non pas moins agile, se faufila pour trouver une cachette alors que le plus menaçant se rapprochait dangereusement du baron niché sur son balcon.

    Il se tenait dos à eux, face à l'ensemble du fort construit autour de Guet-Argent. Les mains jointes dans le dos et le regard inquisiteur, ça lui donnait un air imposant. Sa chevelure en bataille se baladant au grès du vent frais de la côte, il ne pouvait se soupçonner que l'ennemi le plus redoutable était désormais situé à quelques centimètres de sa peau.

    Dépassant des rideaux orangés, un poignard marqué du grand S Sulfurie pointait d'estoc l'épine dorsale de Scarlets.

    Une légère voix souffla alors à ses oreilles, chantant comme une berceuse à un enfant à qui on veut faire fermer les paupières. "Bonsoir, Korbak." La lame se planta alors à la dernière couche de peau du Baron, lui signifiant ainsi qu'il était désormais tenu en otage. "Tu veux vivre?"

    A cela, Scarlets n'y réponda qu'un léger sourire qui n'était que le fruit de la crainte mais aussi du courage.
    "Tu es niché sur ton perchoir, Scarlets, c'est une bonne chose. Mais contrairement au nom de ta famille, tu n'as rien d'un volatile." La lame s'enfonçant lentement dans la peau du franc-tireur, de petites gouttes de sang perlant sur la lame noire.

    "Ce n'est pas ce soir que je vais mourir." Dit Scarlets d'une voix claire, simulant un air décontracté malgré sa vie qui ne tenait qu'entre les mains de son tortionnaire.

    "Ton père a été tué par le mien, ta mère a tuée la mienne. Ce soir, Scarlets, que toutes les croyances du Syndicat m'en soient témoin, tu vas mourir."

    Un calme pesant règna alors, il n'y avait que les souffles des hommes que l'on pouvait discerner dans cette nuit de pleine lune. Mais Scarlets y mit un terme, basculant de côté pour se retourner à une vitesse éclair vers son assaillant en essayant de s'emparer de l'arme qui pointait son dos il n'y avait que quelques instants.

    Mais c'était déjà trop tard, l'acier déchira les trois couches de peau du baron, rentra dans son diaphgrame et libéra l'air que son poumon gauche contenait. Surpris par la vitesse et la précision du coup, le chef des francs-tireurs recula à la hâte en compressant sa plaie. Il se tenait dos au vide, sur son balcon. il criait à l'aide mais chaque tentative inutile se soldait par une douleur inimaginable...Sa vision s'obscurcit légèrement tandis qu'une marre de sang coulait sur le sol.

    Puis deux nouveaux coups consécutifs, toujours d'une rapidité mythique et d'une précision infaillible. Désormais, la vue était ôtée à Scarlets, ses deux orbites ouvertes par de longues coupures sanglantes qui laissaient couler un liquide gris.

    "Je..." Scarlets ne trouva la force de prononcer ce mot qu'au prix d'une douleur impardonnable.

    "Non, ne parle pas. Je vais rendre la pareille à l'ennemi."

    Scarlets chuta au sol violement. Sans force, il n'eu le courage de se relever même en essayant de griffer le rebord de pierre de son balcon. Son adversaire était devant lui, il ne le voyait pas mais il le sentait. Une corde s'enroulant à ses deux pieds, il se laissait faire. La douleur était trop vive et son corps se vidait bien trop vite de son sang.

    "Je t'en veux, Scarlets Korbak. Je t'en veux jusqu'à la mort. Tu as détruit ma vie, tu as souillé la famille de mon père." Le baron se fit relever avec une force colossale, la moitié supérieure de son corps en pendant sur le balcon, retenu par la main de son bourreau.

    "Tu as...vécu...Dans....l'illusion d'un...Père qui...te renie...Svend." Murmura Scarlets, les derniers mots d'un baron de Powbury.

    Le bourreau désormais cité poussa alors Scarlets Sulfurie du haut du balcon, les pieds attachés par une corde et surtout...Avec le poignard Sulfurie au milieu du front.
    Du haut de la grande tour blanche de Guet-Argent, on ne vit qu'un homme mort ensanglanté.

    Svend se retourna, déposant son regard meurtrier sur Leizen sans dire un mot de plus. Ryne resta dans le silence, derrière son masque blanc, le poignard toujours dans la main droite.

    Après une seconde qui paraissait infini, Leizen s'éclipsa dans l'ombre du miroir.
    Delvin et Auguste avaient pris la fuite on ne sait où. Il ne restait que Svend qui se vautra sur le fauteuil en bois du baron de la ville de Powbury.

    "Fait savoir que j'étais le fils illégitime de Losare Sulfurie, au même titre qu'Aiden et de François. Tous de mères différentes mais de père commun, et que je me réserve le droit à la sucession du groupe de mon défunt père qui a été assassiné." Cria Svend, à la fois subjugué par sa soif de sang mais aussi par sa vengeance assouvie.

    "Ce sera fait, je t'avais dit qu'il était bon de se tenir à mes côtés, Saigneur." Fit Leizen, déjà loin. Sûrement dans les galeries, à en juger par la provenance de sa voix.


    _________________
    "L'amour est une faiblesse." - Devise Sulfurie

      La date/heure actuelle est Ven 20 Juil - 14:25