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    La Ruelle de la Bête

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    Talesh Arinsdale

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    La Ruelle de la Bête

    Message par Talesh Arinsdale le Dim 22 Fév - 13:57





           Il faisait nuit noire. Pas même la lumière de la lune ne perçait les épais nuages qui voilaient le ciel. Seuls les éclats de voix du bordel voisin perturbaient le silence de mort pesant sur la ville de Powbury. Soudain, une porte s’ouvrit à la volée sur l’étroite ruelle, laissant l’étroit faisceau lumineux du bâtiment laissa entrevoir l’ombre de deux silhouettes : un vieillard éméché ainsi qu’une jeune femme à peine couverte, ses bijoux d’or scintillants à la lumière de l’intérieur. Les deux personnes déboulèrent dans la ruelle, s’embrassant, gloussant, se déshabillant, claquant la porte derrière eux.

    - Tu vas voir ce que je vais te faire sale catin, grogna le vieillard.
    - Oh oui mon chevalier, je veux te sentir en moi ! lui répondit la dame de plaisir.

            Ils entamèrent donc leur affaire, brisant le calme de la ruelle plus sombre que la nuit, ne se préoccupant pas le moins du monde de ce qui se passait autour, de l’odeur pestilentielle des ordures, de la pluie qui commençait à tomber, du chat qui venait de traverser la ruelle à toute vitesse, d’une personne qui approchait à pas feutrés, fondue dans les ombres.
    « Bonsoir.» dit la personne qui venait d’arriver d’une voix amusée, gloussant comme une hyène à l’oreille du vieillard.
    Celui-ci sursauta et ouvrit la bouche pour hurler, mais seul le son d’un gargouillis de sang et de gorge tranchée sortit. La femme hurla à son tour, sa voix résonnant dans la ruelle comme un coup de fusil. Pas bien longtemps. Son cri fut interrompu et ce même son de giclement se fît entendre à nouveau.




               Alors que le calme retombait avec autant de rapidité qu’il n’était parti, la pluie cessa. Un homme marchait dans la boue  de Powbury, il était sûr d’avoir entendu quelque chose par ici. Il pressait le pas, dans le noir, sa seule connaissance de la ville pouvant le guider. Il s’approcha de l’endroit là où le cri fut émis. Il se mit derrière un bâtiment, regardant la ruelle noire de coin de la maison. Un nuage laissa alors un maigre trou dans sa fourrure, le pâle rayon lumineux de la pleine lune s’introduisant à l’intérieur, éclairant la ruelle d’une lueur blanchâtre. L’homme observa avec horreur la scène qui se déroulait devant lui : une bête, une chose, penchée devant deux cadavres baignés de sang, les grattant, les mangeant peut-être, émettant des grognements. L’homme derrière le bâtiment essaya de regarder plus distinctement ce qui se mouvait dans la ruelle. Un pelage tâché de points sombres… Il s’avança un peu plus… Satanés tonneaux ! En essayant de s’approcher, il en percuta un qui se renversa éclaboussant de la boue partout. Ni une ni deux, le curieux s’enfuit à toutes jambes le cœur battant dans la gorge, courant aussi vite que ses jambes lui permettaient.





             « Un vieux bouc et une puterelle débarquant dans ma ruelle. Quels idiots. Ah, oui, oui ! Qu’ils sont bêtes, murmura Vannar en gloussant. Voilà ce qui arrive maintenant. Vous êtes morts ! Et ce n’est pas plus mal. Vous faisiez beaucoup de bruit. J’essayais de… dormir. Oui, dormir. ».
    Il ricana tout seul encore, observant et parlant aux deux cadavres comme si il attendait qu’ils lui répondent. Il secoua la tête brièvement puis se mit au-dessus du vieil homme, fouillant ses poches et récupérant le contenu pour les mettre dans les siennes. Puis il se mit à cheval au-dessus de la catin, la regardant d’un œil sceptique. Elle devait-être beaucoup aimée pensa-t-il, elle a tant de bijoux. Il enleva les colliers, les boucles d’oreille en les arrachant du lobe sans prendre la peine de les détacher, puis il lui ouvrit la bouche. Vannar fourra sa dague à l’intérieur et fit sauter une dent en or en ricanant. Puis regarda les doigts de la pauvre demoiselle ornés d’anneaux d’or et d’argent. Il essaya en vain de retirer les bagues, grognant et rouspétant. Soudain, un baril vide se renversa au coin de la rue derrière lui. Il fît volte-face, et du tac-au-tac saisit la main de la décédée, lui coupa les doigts bagués et les fourra dans sa poche. Les nuages couvrirent à nouveau la Lune et l’obscurité ténébreuse engloutit une fois de plus toute chose sur Powbury.



    •~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~•


    Des quoi ?


    Des hommes et des femmes sont réunis dans une taverne autour d’un autre homme, l’écoutant attentivement.


    - … Et là je regarde par dans la ruelle, et Ô ! Sainte Flamme ! Que vois-je ?! Une bête aussi énorme qu’un humain, bien plus grosse même !

    La foule retint sa respiration à l’exception d’un jeune homme.

    - Et si c’était un ours ?
    - Un ours ? s’exclama une autre personne, bien sûr que non ! C’était un homme-loup !
    - Un quoi ?
    - Un homme loup ! La moitié d'un homme et la moitié d'un loup.
    - Arrêtez vos sottises bande d’idiots écervelés ! Nous savons tous très bien que c’était juste son imagination.
    - Ah ouais ? Et comment tu justifies le fait qu’ils aient trouvés les deux personnes découpés dans cette ruelle ? Va voir ! Même la pluie n’a pas effacé le sang !
    - Moi je dis que c’était un coup monté !
    - Oh toi, arrête tes bêtises ! Et si c’était un lion ?
    - Un quoi ?
    - Un lion, espèce d’imbécile ! Tu sais le gros chat avec des cheveux derrière la tête.
    - N’importe quoi ! Dis-nous plutôt à quoi ça ressemblait.
    - Ben dans la nuit, on voyait pas grand-chose, hein… Mais j’ai vu une fourrure, large. Avec des points noirs dessus. Comme les animaux sauvages qu’on nous raconte dans les contes pour enfants.
    - Les gnolls ?
    - Les hyènes !
    - Les quoi ?
    - Les hyènes, triple andouille ! Tu sais pas ce que c’est que les hyènes ?!
    - Non… Dis-moi ce que c’est !

    Le brouhaha de la foule cessa, observant ledit connaisseur d’un œil avide de savoir.

    - Oh et bien euh… C’est un animal… avec des… pattes… et des points noirs et…
    - ALORS IL Y A UNE HYENE DANS LE VILLAGE ?!!

              Ce fut le chaos dans la taverne, tous hurlaient et voulait exprimer sa peur, son désarroi, son point de vue, sa détermination à la chasser, tous voulaient faire du bruit. Chose qu’ils firent. Depuis ce jour, la Ruelle de la Bête fut le nom donné par les habitants pour nommer la ruelle là où le double meurtre prit lieu


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    Tu ne peux pas jouer un personnage intelligent quand toi-même tu es un idiot.

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